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Il était une fois ...

A travers celle du Sundgau, l'histoire de Koetzingue à travers les âges.

Koetzingue, commune située sur la frange loessique (terre très fertile) orientale du Bas Sundgau au sud de la faille de Landser, a connu comme toutes les communes environnantes une continuité d'occupation. Les différentes découvertes archéologiques réalisées sur son ban sont indiquées sur cette carte.

On peut constater que les habitations, avant l'installation des villages aux emplacements actuels, se situaient presque toujours aux limites des bans communaux, sur les hauteurs ou à mi-pente et ce jusqu'à l'époque gallo-romaine. C'est à partir du Haut Moyen Age (5ème siècle ap. J.C.) en période alémanique et franque, que les villages furent construits au point le plus bas des vallons.

Avant l'arrivée des Romains, il n'existait pas de documents écrits pour l'Alsace. Il faut donc avoir recours à l'archéologie pour mettre à jour, étudier et connaître l'immense période que représente la préhistoire. Les études ont révélés que le site de Koetzingue est occupé depuis au moins le néolithique.




Le néolithique ou l'âge de la pierre polie


Entre 5000 et 4500 avant J.C., l'Europe est parcourue dans le sens est ouest par des groupes en quète de terres fertiles. Porteurs de céramique en terre cuite de forme ronde, ils quittèrent pour des raisons économiques ou démographiques le bassin du Danube. Dans une première phase, ils colonisèrent les terres loessiques de l'Europe moyenne de l'Alsace à la Belgique. Ils apportèrent avec eux de nouveaux instruments : haches et masses en pierre polie.

Agriculteurs et éleveurs avant tout, ils vivaient en économie fermée, repliés sur eux-mêmes.

Ainsi, au lieu-dit "Homberg", "Schlierbacherweg", des fouilles ont permis de mettre à jour des outils en silex (lames de faucille, racloirs, lames à débittage, lamellaires, etc...)


La protohistoire


A l'âge du Bronze de 1800 à 750 avant J.C., l'Alsace est une des régions les plus riches d'Europe pour les antiquités protohistoriques. Elle est également très riche en tertres funéraires. Des fouilles effectuées en 1968 par M. R. Schweitzer ont prouvé que le territoire de Koetzingue était déjà habité vers 1500 avant J.C. Un habitat du bronze moyen s'implante au pied du versant sud du lieu-dit "Schlierbacherweg". Une fosse fouillée en 1968 a livré un abondant lot de céramiques ornées ou grossières de la fin de cette époque, coupes à décor excisé, tasse 3/4 sphériques à anse, urnes à lèvres mamelonnées.

A l'âge du fer de 750 à 58 avant J.C., situé sur le versant est en contrebas du "Grossbock" à gauche du "Schlierbacherweg", un enclos hallstattien a été repéré lors d'une prospection, puis fouillé au printemps 1966. Cet enclos date de l'époque du premier âge du fer, soit environ 500 ans avant J.C. (période dite de "Hallstatt" du nom d'un site autrichien). Il se matérialisait par une tranchée orientée est-ouest, se poursuivant sur près de 235 mètres. Celle-ci amorçait un retour vers le nord (haut de pente) dans son extrémité orientale.

Repéré sur 8 mètres, il avait été fortement déterioré au cours des temps par les labours et ne subsistait que sous l'aspect d'une faible fonçure. Une fouille effectuée sur 25 mètres dans une portion de la tranchée est-ouest nous permet d'étudier la structuration stratigraphique de cette dernière. Cette tranchée accusait un profil trapézoidal de 2,20 mètres d'ouverture, 1,60 mètres de profondeur pour une largeur de 0,70 mètres au fond. Son comblement présentait un aspect feuilleté. Voir la coupe.

Sous la terre arable, le niveau supérieur se concrétisait par une couche grise cendreuse de 0,30 mètres d'épaisseur emballant la majorité du matériel archéologique (céramiques, bobines en terre cuite, fusales, os d'animaux, parures en bronze et en fer). Ce premier niveau recouvrait deux niveaux compacts superposés, accusant un profil en cuvette dont l'aspect damé doit provenir d'un long piétinement dû à une circulation prolongée dans cette tranchéée. Les 80 cm du fond de fosse étaient composés d'une superposition de loess décalcifié ou pratiquement pu, alternant avec des filons cendreux noir de 0,05 à 0,10 mètres d'épaisseur, notamment en fond de fosse. Le mobilier recueilli comprend, outre de la céramique grossière, (situles à cordons digités, jattes) peu de céramique ornée, et quelques objets caractéristiques du hallstatt moyen II ou du début du hallstatt final I (vers 580-550av. J.C.). Voir les objets.

Par sa structure, le caractère non défensif de cette tranchée, et par son mode de comblement volontaire avec traces de foyers et aire de circulation, cet enclos paraît en tous points identique aux grands ensembles culturels de Riedisheim. S'agit-il d'un dispositif de tranchées en quadrilataire limitant un espace réservé et sacré, domaine des divinités, un peu à l'image des sanctuaires gaulois "fanum" de la tène finale ? La trace de la tranchée est visible après une période de pluie, car la terre en surface sèche plus rapidement.


Epoque Gallo-Romaine


Sous la domination romaine, les voies naturelles terrestres et fluviales de l'Alsace furent mises particulièrement en valeur. César est entré en Alsace par une importante voie de Besançon en Alsace méridionale. A cette époque, la ville romaine d'Augst (à 10 kilomètres à l'est de Bâle) était le chef-lieu de l'Alsace rauraque (le Haut-Rhin).

Le ban communal de Koetzingue était traversé par l'ancienne voie romaine (Römerweg) qui relie Vesontio (Besançon) à Cambete (Kembs). Cette voie romaine passait au lieu-dit Langacker. Des cailloux remontent encore à la surface lors des labours. Cette voie était rarement dallée. Terre riche, l'Alsace est exploitée. Terre forestière, elle sert de base à d'autres conquètes ...

La continuité d'occupation sera assurée à l'époque gallo-romaine par l'implantation de plusieurs établissements agricoles. L'un au centre du village (lors du terrassement du terrain de sport près de l'école, on a trouvé des restes de cette époque), un second vers le "Schlierbacherweg", un troisième dans la périphérie du "Wiedenbrunnen".

M. Schweitzer, archéologue mulhousien, a également mis au jour les éléments d'un petit établissement agricole du 1er siècle à Rantzwiller, à 1 kilomètre de Koetzingue. Les quelques petits établissements de Koetzingue dépendaient certainement de cette "villa".



Moyen-âge


En 870, l'Alsace est rattachée au Royaume de Francie orientale, la future Germanie. Au Xème siècle, le Royaume de Germanie est ruiné par les rivalités internes et par les invasions. L'ordre est rétabli par le roi Otton Ier qui restaure l'empire de Charlemagne sous le nom de Saint Empire romain germanique en 962. Cet empire est alors divisé en duchés et grand-duchés, dont celui de Souabe duquel fait partie l'Alsace. Koetzingue appartenait alors aux Habsbourg et au XIIIème siècle fut intégré au comté de Ferrette. Le premier document d'archives faisant référence à Koetzingue est une charte du Pape Alexandre III datée entre 1166 et 1179. Ce dernier charge l'évêque de Bâle de prononcer l'excommunication de plusieurs ennemis de l'évéché Saint Alban, nouvellement fondé. On parle de " Berta vera uxor B. de Wilsper aufert aput Cösingen..."

Du point de vue religieux, le village était rattaché au chapitre "Inter Colles"(entre les collines) de l'évéché de Bâle. De 1270 environs date la liste la plus ancienne des impositions qui étaient payées à des établissements religieux, notamment à Bâle. Sur cette liste figurent des personnes qui n'habitaient pas le village mais étaient domiciliées à MULNHUSEN (Mulhouse), MACHSTSATT (Magstatt) et GEISBOLZHEIM (Geispitzen). Y figurent également deux noms qui existent encore à Koetzingue à ce jour, un certain Conrad, fils de Werner dit Kilwart (Kelbert), et H. Phlumli (Pflimlin).

Ces impositions nous apprennent que les céréales d'hiver étaient composées d'épeautre (Spelz ou Dinkel en allemand), sorte de blé dur qui pousse sur les sols maigres. Le blé était presque inéxistant, la seule céréale d'été était l'avoine. En 1283, un Jean de Koetzingue, bourgeois de Mulhouse, vend au chapitre de Saint Léonard de Bàle avec le consentement de sa femme et de ses enfants, toutes ses propriétés sises à Koetzingen pour 40 marcs d'argent. De 1303, nous avons conservé un autre rôle de redevances dûes par les habitants de la commune. Cette fois, les impôts sont versés aux ducs d'Autriche. Les habitants payaient entre 5 et 8 quintaux d'avoine. En plus, chaque foyer devait fournir chaque année une "poule de carnaval". Le village est cité dans l'urbaire de 1354, puis dans le carticulaire de la seigneurie de landser en 1469.

La colonge (colongia, curia dominicalis, colonia, Dinghof) était une agglomération plus ou moins grande de fermiers, régie par une loi commune, dépendant d'un même seigneur et formant un tribunal dont les attributions étaient très variées. Les terres colongères étaient situées tantôt dans un même village, tantôt dans plusieurs. Au Moyen-Age, il existait environ 500 à 600 colonges en Alsace. Au départ, les paysans étaient des serfs astreints à des obligations précises : ils ont reçu une terre (ou tenure) en échange de laquelle ils doivent verser un loyer (cens ou zins). Il leur est interdit de quitter le village ou de se marier sans l'autorisation de leur maître, et ils sont tenus d'acquitter la mainmorte, une taxe sur les successions.

L'eglise bénéficiait de la dîme (Zehnte). Le Dinghof, véritable communauté rurale, comprenait des habitations, des granges, des écuries et des terres louées à des preneurs (die Huber).
La prévôté de Bâle possédait des colonges à Eschentzwiller, Huningue, Zimmersheim, Spechbach le Bas, Hagenthal le Haut et Koetzingue. La colonge de Koetzingue englobait les villages de Gutzwiller, Rantzwiller, Magstatt le Bas et Magstatt le Haut. Les villages des alentours, sortes de filiales, auraient vus le jour soit par menace de famine, soit par une sorte de surpopulation du village mère. Le tribunal colonger (das Dinggericht) tranche en cas de désaccord. Ce tribunal est composé du propriétaire de la colonge, der "Dingherr", le Président et les autres colongers, les assesseurs. Le tribunal de Koetzingue sert de Cour d'Appel.

Au début, les droits et les devoirs des "Huber" étaient transmis oralement de génération en génération. A partir du XIème siècle, on les inscrits sur des rôles colongers, les "rotules" (die Rédel). Un de ces rôle colonger transcrit sur un parchemin, date de 1526. Die Pergamentrolle (les Huber) qui ont signés ce document prètent serment au Grand Prévôt Andréas Störtzel devant le Maire Lienhard Straspurger et le Notaire Spyrer. Ces Huber sont : Erhart Pflümly, Paulus Erlinger, Martin Lieb, Hans Pflümly, Hans Hartmann, Martin Seyler, Lienhart Lieb, Sigmund Lieb et Hans Jehky.

Entre 1347 et 1350, la peste noire fauche probablement plus du tiers de la population européenne. A cette épidémie s'ajoute le séisme qui détruisit la ville de Bâle et une partie du Sundgau en 1356. Les villageois de Koetzingue ont certainement souffert du passage des différentes bandes armées : les Anglais d'Enguerran de Coucy (vers 1370), les Armagnacs (en 1444), les Bourguignons, les Suisses durant les différentes guerres des XIVème et XVème siècles. A cette époque, Koetzingue dépendait politiquement et administrativement de la Seigneurie de Landser. La colonge de Koetzingue était rattachée à la coopérative agricole de la Hardt n°3. Les membres ont le droit de couper du bois d'oeuvre et de chauffage, le droit de chasse et de pâture, le droit de "glandée" (c'est â dire de mener paître des troupeaux de porcs dans le "ecker", coin de forêt réservé à cet usage).

Il y a certainement eu des abus. D'où une reglementation de plus en plus stricte qui profite aux seigneurs qui s'adjugent ces droits, ou du moins limitent serieusement les droits des paysans. plus tard, les communes sont restreintes à certaines portions de territoire, marquées au XVIème siècle pard des tranchées, des bornes ou des arbres. Le nom de Koetzingerhardt vient-il du territoire octroyé à la colonge de Koetzingue ? Il semble toutefois que ces droits dans la hardt deviennent de moins en moins intéressants, et le Conseil Municipal refuse de payer sa quote-part bien plus tard en 1843, préférant renoncer à ses droits et usages. A la fin du Moyen-Age (XVème siècle), le statut des personnes évolue, la servitude devient plus légère ...


1525 la Guerre des Paysans


guerre des paysans Depuis le milieu du XVIème siècle, des colères paysannes grondent de part et d'autre du Rhin. Les fluctuations brutales du prix des céréales et du vin, les taxes de plus en plus lourdes et les tracasseries des seigneurs mécontentent les paysans. De plus, les idées de liberté, l'espérance en des temps nouveaux se répandent et les paysans qui représentent 90% de la population croient le moment venu pour l'établissement d'une société plus juste.

Leur emblème est le soulier à lacets que portent les paysans (Bunschuh), contrairement aux nobles qui portent des bottes, le crucifix ou l'aigle impérial. Le mot "liberté" que l'on trouve très souvent dans les écrits de Luther n'a pas laissé insensible les paysans. Le 17 avril 1525, lundi de Pâques, se produit un soulèvement général. Du nord au sud de l'Alsace, environ 30 à 40.000 hommes se mobilisent et s'organisent en sept bandes (Haufen). Ils décident de se donner un chef en la personne d'Erasme gerber. Ils s'attaquent avant tout aux monastères.

Le jour de la Saint Georges, le 23 avril 1525, un certain Mathis Nithard d'Eschentzwiller se met à la tête d'une petite bande de rustauds et se dirige vers Helfrantzkirch dont le curé défend les idées nouvelles. A Bartenheim, le groupe est renforcé par 3.000 lansquenets suisses. Henri Wetzel, un paysan originaire de Landser, est proclamé chef de la bande sundgauvienne. L'histoire cite également Hans Pflumly de Landser parmi les chefs des rustauds. Pflumly est à l'époque un nom courant à Koetzingue ...

Les couvents de Lucelle, d'Oberlarg et de saint Morand sont pillés. Début mai, la bande de Wetzel soutenue par les corporations des vignerons et des boulangers, pénêtre dans Guebwiller et Soultz, propriété de l'évêché de Strasbourg qui lui ouvre sa porte. Mais fin mai, les Thannois réussissent à battre la bande d'Altkirch près de Carspach, et la bande de Landser sur l'Ochsenfels. On cite aussi des combats très meurtiers pour les rustauds entre Steinbrunn le Bas et Landser. Des négociations sont ouvertes à Bâle. Les paysans demandent la libre élection du clergé, l'abolition des corvées et des dîmes, l'expulsion des juifs, les droits de pèche, de chasse et d'utilisation des prés.

Encouragés par une partie des seigneurs alsaciens, le duc Antoine de Lorraine pénêtre en Alsace avec une forte armée et encercle Saverne où sont regroupés envrion 20.000 rustauds. Le 16 mai 1525, des paysans dont certains sont d'anciens militaires, sont battus à Lupstein près de Saverne et le lendemain, ceux qui sont retranchés à Saverne sortent de la ville et se font presque tous massacrer. L'armée du duc de Lorraine livre une seconde bataille à Scherwiller le 20 mai 1525 qui fait plus de 5.000 nouvelles victimes. C'est l'echec de la révolte des paysans ...


XVIIème siècle


guerre de 30 ans, village mis au pillage Le plus ancien registre paroissial encore conservé par la commune de Koetzingue remonte à 1590 (l'un des plus vieux du Haut-Rhin). Jusqu'à la révolution française, les baptèmes tiennent lieu d'actes de naissance. En 1632 pendant la Guerre de Trente ans, les Suédois du roi Gustave Adolphe vennus au secours des Allemands, pénêtrent en Alsace, occupent toutes les villes fortifiées, assiègent également Benfeld et Belfort. Les paysans du Sundgau se soulèvent contre cette intrusion mais leur révolte est durement écrasée. Le village fut dévasté par les Suédois et abandonné par les survivants (1633 - 1642). Les autorités françaises procèdent alors au repeuplement en accueillant des familles des cantons suisses catholiques.

Le village faisait partie du chapitre Inter Colles de l'évêché de Bâle. En 1634, deux ans après la mort de leur roi, les Suédois quittent l'Alsace, mais leur souvenir demeure fortement enraciné dans la mémoire orale. Quand la paix est enfin signée en 1648 (Traité de Westphalie), la région est dévastée et dépeuplée, et la France obtient les droits et les possessions des Habsbourg en Alsace dont les 45 communes de la Seigneurie de Landser. En septembre 1650, la Seigneurie est confiée au banquier Barthélémy Herwart, un agent de Mazarin, qui avait prété de grosses sommes d'argent au roi de France (Louis XIV). En 1697 par le traité de Ryswick, toute l'Alsace (sauf Mulhouse alliée aux cantons suisses depuis 1515) est une province française administrée par un Intendant résidant à Strasbourg et contrôlant les villes et les seigneuries.

guerre de 30 ans, scène de vengeance paysanne De 1632 à 1648, le registre des baptèmes ne contient aucune inscription. En 1633, le curé Heldin écrit : "J'étais absent parce que nous ne pouvions vivre en paix." Entre 1633 et 1635, on recense seulement 5 mariages. En 1648, pour les mariages des douze dernières années, on consultera le registre de Rantzwiller. Mais la partie du registre de Rantzwiller contenant les actes de 1600 à 1648 a été perdu. Le nombre de personnes décédées entre 1618 et 1648 se situe à une moyenne de 3 à 4 par an, sauf ces années particulières, 9 en 1633, 26 en 1634, 17 en 1635 et 24 en 1936.

Quelques causes ont pu être relevées. Le 10 janvier 1633, Johannes Kuenemann est tué par un mousqueton à Landser. Le 17 fevrier 1633, Jacob Brunner fût pendu à Landser. En 1634, Christian Suter est mort de faim. En 1635, Michel Jäcki est fusillé dans sa ferme le jour de la Pentecôte. Le 15 janvier 1636, Barbara Winckler est noyée et enterrée dans un champ. En 1636, Anna Pflimlin, Catherina Liebin et Clara Kleinhans sont mortes de faim ...

Le village n'est pourtant pas détruit lors de la Guerre de Trente ans puisque plusieurs maisons en pierre ou en bois ont été construites avant 1630. A partir de 1648, les autorités françaises font alors venir des étrangers Suisses, Hollandais et Français dans notre région. Ces nouveaux colons bénéficient de certains privilèges, tels que se procurer gratuitement pendant 10 ans du bois de construction. Beaucoup de personnes réfugiées en Suisse sont revenues dans leur village. De 1612 à 1711 sur 163 mariages, on compte 25 mariages avec des Suisses originaires d'Altishoffen, Guggisberg, Lauffen, Luzern, Brittnau, Olten, Wangen, Hernietschwiel et Wegestetten ...


1ère guerre mondiale


Le 17 janvier 1917, la population de Koetzingue voit arriver quelque 200 premiers prisonniers de guerre roumains, qui ont débarqué de wagons de chemin de fer en gare de Sierentz. À Koetzingue, les prisonniers sont installés dans deux granges tandis que le personnel de surveillance est cantonné dans des fermes du village. 46 d'entre-eux mourront de faim et de froid et seront enterrés dans une fosse commune. La population de Koetzingue en sauvera la plupart en leur portant secours malgré les interdictions.

Le 18 mai 2007, le maire de Koetzingue Pierre Rey et Valériu Dobritoiu, secrétaire d’État à la Défense de Roumanie, ont dévoilé la plaque en bronze qui rappelle désormais au monument aux morts « le sacrifice de 46 prisonniers roumains, morts en 1917 dans la localité, loin de leur patrie ...


Toponomie


Certains prétendent que le fondateur de Koetzingue fut un dénommé Kozzo, mais cela est très contestable ... Au 5ème siècle, commence la période des "grandes invasions". Les Alamans s'installent dans le Pays de Bade, la Suisse et une partie de l'Alsace. En 406-407, le système défensif s'effondre et l'Alsace tombe définitivement aux mains des Alamans. La victoire des Francs sur les Alamans à Tolbiac (aujourd'hui Zulpich près de Cologne) en 496 a pour effet de les voir s'installer au 6ème siècle dans certaines régions, Outre-Forêt et Alsace Bossue. Les Francs soumettent la plus grande partie de la Gaule sous le nom de Royaume des Francs ou de France (Frankreich).

Dans nos régions, l'empreinte des Alamans est d'autant plus importante qu'elle se traduit par un véritable enracinement et, surtout par l'adoption de leur langue. Les Vosges marquent la limite de leur implantation : l'Alsace devient un pays germanique. L'étude des noms de lieux - la toponymie - montre que la plupart des villages ont été colonisés ou fondés par les Germains : ainsi, les noms qui se terminent en "INGEN" (Drulingen, Oltingue, Koetzingue) ou en "HEIM" (Waltenheim, Blotzheim, Walheim) sont-ils caractéristiques des Alamans ou des Francs, tandis que d'autres lieux font allusion à d'autres tribus (Frisons à Friesen, Souabes à Schwoben, etc...). La population ancienne a dû être absorbée par les nouveaux venus, mais il n'est pas possible de dire si les localités en "WILLER" sont issues des villas romaines ou d'installations germaniques. Le nom Alsace apparaît au 7ème siècle sous la plume du chroniqueur Frégédaire : on parle alors d'Alesaciones en 610, puis d'Alesacius en 613.

Les "HEIM" et "DORF" seraient d'origine franque. Mais il est souvent difficile de distinguer Alamans et Francs. Ce sont ces derniers qui finissent par s'imposer partout, dans l'administration civile et religieuse. Il est également a noter, selon une autre théorie, que les "HEIM" détermineraient une présence romaine, et les "INGUEN" l'appartenance à une tribu dont le pràfixe employà à former le nom du village serait le fondateur ou le chef de la tribu. Ainsi, Koetzingue serait à l'origine un village appartenant à une tribu dont le chef aurait été nommé "Koetz" ...

Deux groupes de sépultures mérovingiennes ont été localisés, le premier au sud du village par un groupe de jeunes jouant dans un champ fraichement labouré, découvrant un scramasax, un peigne en os, plusieurs pierres polies et percées, des pointes de flèches et des boucles de ceinture, de nombreux ossements humains dont un crâne; le second à l'est de la localité où ont été découverts un scramasax et une hache en fer. Un squelette du 4ème-5ème siècle a été découvert dans une cave au printemps 1986.


Le village disparu de Gutzwiller


Gutzwiller fait partie des villages disparus avec son histoire et sa légende. Le village se trouvait dans une dépression de terrain au bas d'une petite colline entre Koetzingue et Magstatt le Haut, le long du ruisseau du même nom. Un rapport de 1101 concernant le couvent bâlois Saint Alban fait état pour la première fois du lieu "GUZEUUILRE". Au 13ème siècle, l'énumération des possessions du couvent mentionne "GUTZWILLER".

On ignore la date précise de la disparition du village. Plusieurs hypothèses ont été avancées : un incendie, le tremblement de terre de 1356 qui détruisit une grande partie de la ville de Bâle et du Sundgau, une épidémie de peste, la destruction par les troupes des Armagnacs. Il s'agirait le plus vraissemblablement des Suédois qui mirent le Sundgau à feu et à sang à partir de 1439. Tous les habitants mâles du village disparu auraient été égorgés vifs dans le ruisseau ...

La disparition de Gutzwiller est confirmée par un document de 1489 qui mentionne que jadis le village avait à payer le cens. Le ban de Gutzwiller (193 ha) restera terrain commun (en indivis) entre les communes riveraines de Koetzingue, Magstatt le Haut, Rantzwiller et Zaessingue. En 1790, l'administration donna ce terrain à Magstatt le Haut, commune la plus rapprochée. En 1793, le ban de Gutzwiller est cédé arbitrairement ä Koetzingue. Un procès de contestation s'ensuit en 1816, l'attribution définitive du ban trouve une issue le 3 mai 1819 : Koetzingue conserve le ban.

Actuellement, plusieurs éléments rapellent encore le village. En premier lieu, la toponymie, tel le lieu-dit "Gutzwiller", le ruisseau et les nombreuses légendes. Certaines traditions locales veulent que les familles de Koetzingue et de Magstatt soient issues de Gutzwiller, et que la localité ait possédé une église.



La légende de la clochette d'argent de Gutzwiller

Cette histoire remonte loin dans le temps. Un soir de Noël un vieil homme, qui s'était quelque peu attardé chez des amis à Magstatt, se mit en route pour gagner Koetzingue. Déjà l'appel des cloches saluant la fin de l'opération du "Heilwoog" s'était éteint dans la nuit, et seule la neige crissait sous les pas du vieillard.

Soudainement, un agréable tintement parvint à ses oreilles, d'abord éloigné, à peine audible, puis de plus en plus proche et de plus en plus fort. Les sons semblaient surgir du vallon où avait existé un village, maintenant disparu, nommé Gutzwiller. Cela ressemblait presque à un chant angélique, aux sons d'une harpe. Du coup le vieil homme s'arrêta, conquis. D'un coup tout l'espace retentit de la sonnerie joyeuse des cloches appelant à la messe de minuit. Les messagères répondaient les unes aux autres, mais au-dessus de toutes sonnait le ton argentin de la cloche de l'église disparue de Gutzwiller que ses anciens habitants avaient sauvée en la jetant au fond de la source afin de la soustraire à l'ennemi. Des promeneurs affirmaient d'ailleurs l'avoir entendue sonner au fond de l'eau. Notre homme scruta l'obscurité, cherchant des yeux le site du village.

Brusquement la vallée s'éclaira, les maisons surgissaient de la terre, leurs fenêtres étaient gaiement illuminées éclairant le vieux saule rabougri qui se dresse près de la source. Lentement tout s'effaça, la nuit reprit ses droits, le tintement s'éteignit, tout redevint silence. C'est la morsure du vent du nord qui arracha le vieil homme de son étonnement. Il comprit pourtant qu'il venait d'assister à un miracle, la cloche de Gutzwiller qui annonçait la naissance du Christ !